En finir avec les petites installation ou du bon dimensionnement !
Posté : sam. août 06, 2022 15:15 pm
Attention pavé à lire. Si vous avez autre chose à faire, la conclusion est : faites une installation la plus puissante possible, vendez le surplus et surtout ne mettez pas de batterie !
On lit toujours l’éternelle question du (bon ?) dimensionnement de son installation et on aboutit souvent à des installations riquiqui car basées uniquement sur SES besoins.
Il y a un moyen plus simple de voir les choses : faites l’installation la plus importante que vous pouvez en fonction des possibilités de la maison et de vos moyens financiers (éventuellement, faites un petit prêt). Ayez un max de surplus et vendez-le.
Pourquoi ce conseil ?
En fait, il y a pas mal d'avantages à mettre beaucoup de puissance :
- la possibilité de faire fonctionner des consommateurs gourmands et en parallèle.
- pas besoin d’un routeur(1) puisque les appareils fonctionnent à leur puissance nominale. Pas besoin non plus d’une « box » qui coûte les yeux de la tête.
- une production importante dès le début et en fin de journée.
- un coût au Wc plus faible et la possibilité de négocier si vous faites appel à un pro (il sera prêt à faire des concessions pour une installation importante et les frais fixes sont les mêmes pour 10 ou 20 panneaux).
- une vente du surplus plus intéressante (frais fixes étant indépendants de la puissance).
- la possibilité d'être neutre sur sa consommation annuelle.
- une installation simplifiée avec un seul onduleur central.
- fini la connerie de l’onduleur zéro injection.
La seule contrainte qu’on peut avoir, c’est qu’au-delà de 6kVA de puissance onduleur, il faut être en triphasé. Ceci dit, rien n’empêche d’avoir une installation de 7 ou 8 kWc surtout si vous n’avez pas une exposition optimale.
A noter également qu'au-delà de 3 kWc, les revenus du PV sont imposables mais c''est pas une grosse affaire : abattement de base de 305 €, puis abattement forfaitaire de 71 %.
Je rappelle ici que la meilleure énergie est toujours celle qu’on ne consomme pas. Faire une grosse installation ne vous dispense donc pas de faire des économies et d’optimiser votre consommation (en particulier en la mettant le plus possible en phase avec votre production).
Une remarque sur les onduleurs. La mode est aux micro-onduleurs : c’est simple, c’est mignon, cela est parfois utile si on a de vrais ombres. Les installateurs aiment bien car cela leur simplifie la vie (en fait, ça en dit long sur leurs « compétences »). Mais avec une installation importante, il faut privilégier l’onduleur central. Ca revient moins cher, c’est beaucoup plus écologique, c’est facilement réparable ou remplaçable sans faire le guignol sur le toit (je rappelle qu’un micro est irréparable, c’est direct poubelle et plus y en a, plus la probabilité d’une panne augmente).
Maintenant, un coup de gueule !
La plupart des gens dimensionnent par rapport à leurs besoins, leur petit confort. C’est totalement stupide, on ne parle pas là d’un réfrigérateur ou d’une armoire ! On parle là de production d’énergie. Alors oui vous avez un certain besoin pour votre maison mais quand vous êtes en dehors vous avez également besoin d’énergie. Pensez aux hôpitaux, aux écoles pour vos enfants, aux besoins de la société pour son fonctionnement. Ensuite, tout le monde n’a pas la possibilité de faire une installation. Pour eux aussi, il faut qu’ils/elles puissent avoir accès à de l’énergie verte.
Autre chose : les gens ont peur que le réseau tombe, du black-out ! Ce n’est pas le réseau qui va tomber, les lignes seront toujours là ! Ce sont les moyens de production qui manquent. Donc si tout le monde fait sa petite installation pour son seul confort, y a effectivement de fortes chances que le réseau manque d’énergie.
Note environnementale. Faire une petite installation serait plus « écolo » qu’une grosse car on consomme moins de ressources. Déjà, qui dit petite installation, dit utilisation de micro-onduleur, donc déjà c’est mal parti. Ensuite il faut savoir que la construction d’un module ne requiert pas énormément de ressources minérales. Du silicium principalement (cellule, verre) qui n’est pas une ressource rare, de l’aluminium pour le cadre (on pourrait utiliser autre chose), du cuivre et quelques autres composants en très faible quantité. Non, le principal problème, c’est l’énergie pour le fabriquer. Actuellement, c’est principalement du fossile mais si on avait suffisamment d’EnR dans le réseau, ce ne serait plus un problème. Ce serait même un cercle vertueux : des EnR pour produire des PV qui produisent de l’EnR. En plus, un module est facilement recyclable même si actuellement ce n’est pas « économiquement » viable (encore une connerie de notre système capitaliste).
Et la question de la batterie ? Là, on voit de suite qu’on en revient à son petit confort personnel, l’épouvantail du « black-out ». Mettre une batterie est donc clairement une connerie sur tous les plans : environnemental bien entendu (ressources, énergie grise, pollution) mais pas que. C’est un surcoût financier (autant d’argent qui n’est pas mis dans un moyen de production), une installation non optimale (pertes de conversion, mauvaise adéquation entre besoin et capacité : surplus et batterie pleine et inversement), beaucoup plus complexe, nécessitant une surveillance et enfin une sous-utilisation du réseau existant (qu’on a payé et qu’il faut entretenir). Bien sûr, ça se recycle mais pour ça, il faut … de l’énergie ! Certains arguent que les EnR ont besoin d’un stockage à cause de l’intermittence et justifient par là leur batterie. C’est une fausse bonne excuse. Il est vrai que les EnR auront besoin d’un stockage mais ce n’est absolument pas le cas actuellement. L’énergie que vous allez péniblement stocker avec tous les inconvénients cités plus haut aurait pu être optimalement utilisé par vos voisins immédiats. Si vous souhaitez avoir toujours l’impression de consommer votre production, alors la meilleure solution est le stockage virtuel. Physiquement il n’y a aucune différence avec la vente du surplus, c’est juste un contrat différent.
Remarque historique. Je n’ai pas toujours conseillé de faire une grosse installation. Il y a une dizaine d’années, je recommandais plutôt le contraire. Mais le contexte n’était pas le même : les installations coûtaient très chères, l’autoconsommation était confidentielle (on vendait toute sa production), les personnes étaient réservées sur le PV et ne comprenaient pas tout, il fallait passer par un professionnel et vendre son surplus était compliqué pour une autoinstallation. Donc il était préférable pour les personnes qui faisaient leur installation de viser l’autoconsommation la plus complète possible (donc en général 1 ou 2 kWc suffisait).
(1) : Je rappelle qu’un routeur ne fonctionne que sur un chauffe-eau basique, sans électronique (sauf à faire des modifications sur le CE). Donc, plutôt qu’utiliser un routeur, on peut plus simplement diminuer la résistance du PV. Egalement, les routeurs qu’on trouve sur le forum sont des bricolages, donc à vos risques et périls (un routeur du commerce coûte beaucoup plus cher).
On lit toujours l’éternelle question du (bon ?) dimensionnement de son installation et on aboutit souvent à des installations riquiqui car basées uniquement sur SES besoins.
Il y a un moyen plus simple de voir les choses : faites l’installation la plus importante que vous pouvez en fonction des possibilités de la maison et de vos moyens financiers (éventuellement, faites un petit prêt). Ayez un max de surplus et vendez-le.
Pourquoi ce conseil ?
En fait, il y a pas mal d'avantages à mettre beaucoup de puissance :
- la possibilité de faire fonctionner des consommateurs gourmands et en parallèle.
- pas besoin d’un routeur(1) puisque les appareils fonctionnent à leur puissance nominale. Pas besoin non plus d’une « box » qui coûte les yeux de la tête.
- une production importante dès le début et en fin de journée.
- un coût au Wc plus faible et la possibilité de négocier si vous faites appel à un pro (il sera prêt à faire des concessions pour une installation importante et les frais fixes sont les mêmes pour 10 ou 20 panneaux).
- une vente du surplus plus intéressante (frais fixes étant indépendants de la puissance).
- la possibilité d'être neutre sur sa consommation annuelle.
- une installation simplifiée avec un seul onduleur central.
- fini la connerie de l’onduleur zéro injection.
La seule contrainte qu’on peut avoir, c’est qu’au-delà de 6kVA de puissance onduleur, il faut être en triphasé. Ceci dit, rien n’empêche d’avoir une installation de 7 ou 8 kWc surtout si vous n’avez pas une exposition optimale.
A noter également qu'au-delà de 3 kWc, les revenus du PV sont imposables mais c''est pas une grosse affaire : abattement de base de 305 €, puis abattement forfaitaire de 71 %.
Je rappelle ici que la meilleure énergie est toujours celle qu’on ne consomme pas. Faire une grosse installation ne vous dispense donc pas de faire des économies et d’optimiser votre consommation (en particulier en la mettant le plus possible en phase avec votre production).
Une remarque sur les onduleurs. La mode est aux micro-onduleurs : c’est simple, c’est mignon, cela est parfois utile si on a de vrais ombres. Les installateurs aiment bien car cela leur simplifie la vie (en fait, ça en dit long sur leurs « compétences »). Mais avec une installation importante, il faut privilégier l’onduleur central. Ca revient moins cher, c’est beaucoup plus écologique, c’est facilement réparable ou remplaçable sans faire le guignol sur le toit (je rappelle qu’un micro est irréparable, c’est direct poubelle et plus y en a, plus la probabilité d’une panne augmente).
Maintenant, un coup de gueule !
La plupart des gens dimensionnent par rapport à leurs besoins, leur petit confort. C’est totalement stupide, on ne parle pas là d’un réfrigérateur ou d’une armoire ! On parle là de production d’énergie. Alors oui vous avez un certain besoin pour votre maison mais quand vous êtes en dehors vous avez également besoin d’énergie. Pensez aux hôpitaux, aux écoles pour vos enfants, aux besoins de la société pour son fonctionnement. Ensuite, tout le monde n’a pas la possibilité de faire une installation. Pour eux aussi, il faut qu’ils/elles puissent avoir accès à de l’énergie verte.
Autre chose : les gens ont peur que le réseau tombe, du black-out ! Ce n’est pas le réseau qui va tomber, les lignes seront toujours là ! Ce sont les moyens de production qui manquent. Donc si tout le monde fait sa petite installation pour son seul confort, y a effectivement de fortes chances que le réseau manque d’énergie.
Note environnementale. Faire une petite installation serait plus « écolo » qu’une grosse car on consomme moins de ressources. Déjà, qui dit petite installation, dit utilisation de micro-onduleur, donc déjà c’est mal parti. Ensuite il faut savoir que la construction d’un module ne requiert pas énormément de ressources minérales. Du silicium principalement (cellule, verre) qui n’est pas une ressource rare, de l’aluminium pour le cadre (on pourrait utiliser autre chose), du cuivre et quelques autres composants en très faible quantité. Non, le principal problème, c’est l’énergie pour le fabriquer. Actuellement, c’est principalement du fossile mais si on avait suffisamment d’EnR dans le réseau, ce ne serait plus un problème. Ce serait même un cercle vertueux : des EnR pour produire des PV qui produisent de l’EnR. En plus, un module est facilement recyclable même si actuellement ce n’est pas « économiquement » viable (encore une connerie de notre système capitaliste).
Et la question de la batterie ? Là, on voit de suite qu’on en revient à son petit confort personnel, l’épouvantail du « black-out ». Mettre une batterie est donc clairement une connerie sur tous les plans : environnemental bien entendu (ressources, énergie grise, pollution) mais pas que. C’est un surcoût financier (autant d’argent qui n’est pas mis dans un moyen de production), une installation non optimale (pertes de conversion, mauvaise adéquation entre besoin et capacité : surplus et batterie pleine et inversement), beaucoup plus complexe, nécessitant une surveillance et enfin une sous-utilisation du réseau existant (qu’on a payé et qu’il faut entretenir). Bien sûr, ça se recycle mais pour ça, il faut … de l’énergie ! Certains arguent que les EnR ont besoin d’un stockage à cause de l’intermittence et justifient par là leur batterie. C’est une fausse bonne excuse. Il est vrai que les EnR auront besoin d’un stockage mais ce n’est absolument pas le cas actuellement. L’énergie que vous allez péniblement stocker avec tous les inconvénients cités plus haut aurait pu être optimalement utilisé par vos voisins immédiats. Si vous souhaitez avoir toujours l’impression de consommer votre production, alors la meilleure solution est le stockage virtuel. Physiquement il n’y a aucune différence avec la vente du surplus, c’est juste un contrat différent.
Remarque historique. Je n’ai pas toujours conseillé de faire une grosse installation. Il y a une dizaine d’années, je recommandais plutôt le contraire. Mais le contexte n’était pas le même : les installations coûtaient très chères, l’autoconsommation était confidentielle (on vendait toute sa production), les personnes étaient réservées sur le PV et ne comprenaient pas tout, il fallait passer par un professionnel et vendre son surplus était compliqué pour une autoinstallation. Donc il était préférable pour les personnes qui faisaient leur installation de viser l’autoconsommation la plus complète possible (donc en général 1 ou 2 kWc suffisait).
(1) : Je rappelle qu’un routeur ne fonctionne que sur un chauffe-eau basique, sans électronique (sauf à faire des modifications sur le CE). Donc, plutôt qu’utiliser un routeur, on peut plus simplement diminuer la résistance du PV. Egalement, les routeurs qu’on trouve sur le forum sont des bricolages, donc à vos risques et périls (un routeur du commerce coûte beaucoup plus cher).
